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Actu... (posté par velharmonie le 20.06.2008)
Trois mois après notre retour en France, nous terminons notre diaporama que nous présenterons dans divers festivals.
Nous diffuserons les dates au fur et à mesure que nous les connaîtrons. N'hésitez pas à venir consulter régulièrement cette page http://velharmonie.apinc.org/news.php


24 juin 2008: exposition photos à l'occasion de la remise des bourses PJA de la mairie de Paris

3 au 30 juin 2008: 8 interventions dans les écoles ayant suivi le projet

A très bientôt
Céline et François
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La France, son froid et sa bonne bouffe (posté par velharmonie le 20.04.2008)
Rochambeau, aéroport de Cayenne. Un petit goût de déjà vu lorsque nous démontons les vélos pour les enfermer dans de grands cartons Air France. Cette fois, ce n’est pas l’euphorie du départ mais plutôt l’angoisse du retour. Qu’allons nous retrouver en France ? Et en même temps, nous sommes heureux de rentrer au pays et de retrouver toutes les personnes qui nous sont chères.
L’avion accélère, les roues quittent le sol d’Amérique du sud, adios ! Nous laissons beaucoup de choses ici, des souvenirs, des amis. Un jour, la vie nous remettra peut-être sur le même chemin. Huit heures plus tard, nous survolons la campagne française au lever du jour. Elle s’allume de mille feux comme pour nous accueillir, tous les villages – nous avions oublié à quel point la France est peuplée – s’éteignent peu à peu. Nous voici à Orly. Finis les regards appuyés, les questions en tous genres. Nous ne croisons plus que quelques coups d’œil discrets et une foule pressée, aux habits ternes. Nous remontons les vélos en un temps record, déballons les polaires et nous élançons sur la nationale 7 par un froid hivernal. Pas question de filer chez Jean-Gui – notre hôte dans la capitale - immédiatement. Nous faisons un détour par le marché de la rue Mouffetard, le Panthéon, le quartier latin, Notre-Dame. Touristes dans une ville que nous connaissons pourtant si bien. Nous nous sentons tellement plus proches de tous ces étrangers. Paumés nous le sommes, euphoriques aussi dans cette ville qui sera sans aucun doute la plus belle du voyage… Nous déambulons tout le week-end au cœur de toutes ces merveilles architecturales. Nous réalisons à quel point nous sommes rentrés dans la « vieille Europe », chargée d’histoire. Puis il est temps de prendre la route. Direction : la Brie, ses plates étendues verdoyantes et monotones, son fromage et son vent qui nous en fait bien baver sur les deux premières étapes pour rejoindre Troyes. Là, nous sommes accueillis une dernière fois par des hospitality-clubbers, Hélène et Raimundo. Pas le temps de s’arrêter, dans deux jours nous avons rendez-vous à Dijon. Nous longeons maintenant la Seine, les paysages sont plus vallonnés. Nous traversons la Champagne puis l’Arbois avec leurs vignobles. Il fait de plus en plus froid et nous recevons nos premiers flocons juste avant Dijon. Là, nous retrouvons Julien, le frère de François et sa copine Aline. Le père de François est venu aussi. Nous fêtons son anniversaire. Ici commence une tournée gastronomique de grande classe. Nous savourons chaque plat avec bonheur, essayant de ne pas trop nous extasier sur tout mais n’en pensant pas moins. Christine et Jean-Claude, des amis de la famille Bador nous reçoivent également chaleureusement. Nous retrouvons tout le monde avec émotion, avec l’impression de ne jamais les avoir quittés. Julien nous accompagne jusqu’à Besançon, sous la neige qui tombe pour de bon cette fois. Nous avons sorti moufles et bonnets pour l’occasion. Pour nous réchauffer, nous nous arrêtons dans un bistrot PMU, nous y retrouvons la bonne ambiance troquet, avec l’odeur de tabac froid en moins. Nous passons pour des fous une fois encore. Julien est étonné des regards qui se posent sur nous. Nous n’y prêtons même plus attention, ce doit être l’habitude. Nous atteignons Besançon pour le repas de midi. Lisa, la cousine de Céline, nous attend. Ca tombe bien, nous sommes au pays des saucisses de Morteau, nous poursuivons sur notre lancée gastronomique. Ce rythme se poursuit les jours suivants car le temps s’est franchement mis à la neige et nous devons changer nos plans. Jusqu’au bout, la neige se sera mise sur notre route ! Nous renonçons à traverser le Jura et filons sur Lons-le-Saunier, par les contreforts. Malgré tout, nous devons nous arrêter en chemin car la route devient complètement verglacée sous une bonne pellicule de neige. En une demi-heure la chaussée est dégagée et salée. Impressionnés par l’efficacité des services techniques, nous repartons sous un soleil radieux cette fois. A la tombée de la nuit, nous sonnons chez Floriane et Yohann, des copains. Au menu : fromage fondu, charcuterie et saucisses de Morteau ! Vous l’aurez compris, nous renouons à toute allure avec tout ce qui nous a manqué : la nourriture, le confort d’un bon lit douillet et d’une douche chaude qui marche bien. Nous avons le temps de flâner ensuite dans la campagne bressane. Bien que le temps se soit un peu radouci, il gèle pour notre dernier bivouac à l’entrée des Dombes. Nous savourons cette dernière nuit en forêt, sous notre petite maison de toile. Nous roulons entre étangs et champs, des ragondins se sauvant sur notre passage. Puis, nous arrivons à Villars-les-Dombes où nous retrouvons les parents de Céline. Ca fait deux ans et demi qu’elle ne les a pas vus et les retrouvailles sont émouvantes. Nous nous baladons tranquillement tout l’après-midi, nous avons tant de choses à nous raconter. Eux sont en train de faire un tour du monde en camping-car (si certains se demandaient d’où nous venait cette idée étrange de voyager…)
Le lendemain, c’est le grand jour du retour. A la gare, nous attendons la venue de quelques amis qui doivent peut-être nous rejoindre pour cette dernière étape de quarante kilomètres. Le train arrive, personne. Au bout de quelques minutes, ce sont une bonne dizaine de cyclistes qui débarquent. Nous nous tombons dans les bras. Sur la place, nous retrouvons les plus sportifs qui sont venus en vélos et notre voiture-balai-porteuse-de-pique-nique-et-photographe. Nous n’attendions pas tant de monde. Nous roulons à un rythme d’escargot mais rions beaucoup et nous racontons nos vies. Il fait un soleil radieux. Le soir, nous repérerons les cyclistes à leur bonne tête bien rouge ! Cette dernière étape est du bonheur à l’état pur. La journée se poursuit à Lyon, où nous retrouvons d’autres amis, puis à Saint-Genis, chez François où tout le monde est là. La soirée tourbillonne autour de nous. La sangria coule à flots, les tartes en tous genres, la paella, les gateaux préparés par tous ne cessent d’arriver sur les tables. La journée fut si remplie que nous avons à peine réalisé que nous étions rentrés.
Ainsi se terminent nos aventures.
Nous avons été heureux de voir comme vous nous avez suivis et nous vous remercions de tout cœur.


Départ du peloton à Villars-les-dombes
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Derniers coups de pédale en Guyane (posté par velharmonie le 13.03.2008)
Revenons une quinzaine de jours en arrière, à l’extrême est de la Guyane, au bord du fleuve Maroni où nous séjournons un moment. Point d’arrivée des bagnards pendant près de 100 ans, le camp de la transportation est chargé d’une histoire peu glorieuse. Les pieds de la guillotine sont encore visibles, symbole de la toute puissance de l’administration pénitentiaire à cette époque. Pourtant, ici les bagnards, s’ils se comportaient bien, avaient une situation plutôt enviable car ils travaillaient dans la ville et étaient au contact de la population civile. Cela n’a cependant pas empêché un taux de mortalité à faire peur dû aux fièvres tropicales et aux crimes crapuleux à l’intérieur du bagne.
Après cette courte halte historique, nous embarquons sur la pirogue-taxi à destination d’Apatou. Une pirogue en bois savamment décorée et relevée aux extrémités afin de faciliter le passage des rapides. Deux heures de navigation plus tard, nous débarquons dans le village d’Apatou. Sandrine, une amie bretonne exilée ici depuis quelques années nous attend sur le quai. Les retrouvailles sont surréalistes, si loin de la métropole, dans un cadre que nous avions souvent imaginé lorsqu’elle nous avait annoncé qu’elle partait enseigner sur le fleuve. Ici, la population est majoritairement bushinengué. Dans les rues, on parle le bushitongo, un créole anglo-saxon absolument incompréhensible. Nous prenons possession de notre nouveau « chez-nous », en haut du village, à côté d’une des nombreuses écoles du village. Ici, les « métros » sont soit enseignants, soit infirmiers, soit gendarmes. Sandrine est malade mais ça ne l’empêche pas de nous emmener à droite et à gauche, à la découverte du vieux bourg aux maisons de bois ou des abattis environnants. Ces parcelles de forêt sont rasées afin de permettre de petites plantations vivrières de manioc, de maïs ou de bananiers. Toutes les autres denrées alimentaires sont amenées par le fleuve, en pirogue.
Au fil des jours, nous renouons avec les petits plaisirs de la vie sédentaire, cuisiner des lasagnes, du rôti de dinde, regarder des DVD puis faire une bonne grasse matinée. Nous faisons connaissance de Pierre, le colocataire de Sandrine, super sympa, instituteur également. Nous nous délectons de leurs anecdotes de la vie à l’école. Les enfants ne parlent presque pas français, semblent plutôt agités mais adorables.
Nous profitons de ce séjour sur le fleuve pour explorer la forêt et les criques environnantes. Une journée avec le club de kayak nous permet de remonter une petite rivière aux eaux sombres et fraîches. En chemin, nous goûtons des fruits que ramassent les enfants du club et croisons même un petit anaconda enroulé paisiblement sous un tas de feuilles. Un autre jour, nous allons nous rafraîchir aux roches plates, des dalles de rochers bordant une magnifique crique en pleine forêt. Le temps passe à toute allure et il est l’heure de saluer tout le monde et de reprendre la pirogue-taxi. Géographiquement, nous venons d’atteindre le point final du voyage. Nous entamons maintenant le trajet retour vers Cayenne. Pour la première fois, nous devons établir un programme détaillé. Chaque étape est prévue d’avance et nous ne pouvons plus nous arrêter. Nous retrouvons Julien et nos vélos à Saint-Laurent du Maroni. Nous empruntons la nationale 1, construite par les bagnards, qui sinue au milieu de forêts et de savanes. Quelques sculpteurs et agriculteurs saramacas possèdent de petites cases en bord de route où ils proposent leurs produits. En fin de journée, nous nous enfonçons dans les bois, sur une piste forestière qui nous conduit jusqu’à un magnifique carbet de l’ONF. Nous accrochons nos hamacs dans cette grande cabane. Un ponton mène directement à la rivière. La nuit, la forêt parle, chante, s’exprime. Les singes hurleurs nous feraient frissonner de peur si nous ne savions de quoi il s’agit.
Le lendemain, nous poursuivons notre route vers l’est, face aux alizés qui nous épuisent chaque jour. Le soir, nous faisons une nouvelle escale à la maison de la nature où Mathieu nous accueille de nouveau comme des rois. Malgré son invitation à passer le week-end en forêt avec lui, nous refusons car nous devons filer à Kourou.
8 mars, dans la ville de l’espace, nous retrouvons Fanny, que nous avions rencontrée au Brésil. Vincent son copain n’est pas là, dommage. Grâce à l’appareil qu’ils nous ont généreusement offert, les photos sont de retour ! Ce soir, Ariane 5 doit être lancée. Minuit, nous nous installons sur une petite colline munie d’un écran géant. 1 heure du matin, le suspense est à son comble. 5-4-3-2-1-0. Le ciel et toute la savane environnante sont baignés dans une lumière irréelle. Quelques secondes plus tard, un ronflement tonitruant envahit la nuit. Les boosters se sont bien allumés, Ariane 5 est catapultée dans les airs et disparaît malheureusement bien vite dans les nuages. A son bord, un « petit » vaisseau de 20 tonnes, l’ATV, qui part ravitailler la station spatiale internationale et la rehausser sur son orbite. Un bijou de technologie, une première mondiale et une grande avancée pour l’industrie spatiale européenne. Nous ne pouvons nous empêcher de penser à cet instant à la vie sur le fleuve, tellement simple et ancestrale.
Le réveil sonne à 6 heures, les paupières sont lourdes. Nous voilà en route pour les îles du Salut, au large de Kourou, un archipel composé de trois îlots couverts de cocotiers qui renfermèrent un bagne à partir de 1852. Petit coin de paradis où se tramait encore l’horreur il y a 60 ans. Les ruines en partie recouvertes de végétation rappellent cette époque tragique. D’ici on ne s’échappait pas (ou presque), les courants violents et les innombrables requins devaient décourager plus d’un prétendant à l’évasion. Dreyfus, Seznec, Papillon furent emprisonnés entre ces murs. Nous bivouaquons sur l’île royale, seuls au monde, près de la piscine des bagnards. Tels des robinsons, nous nous nourrissons de noix de coco et farnientons au milieu des agoutis qui gambadent de toutes parts.
De retour sur le continent, nous visitons rapidement le centre spatial guyanais, la mythique salle Jupiter, tour de contrôle de tout lancement, les pas de tir d’Ariane 4 et 5. Du haut de ses 50 mètres, la maquette à l’échelle 1 nous regarde partir. L’heure de la dernière étape en Amérique du sud a sonné. Kourou - Cayenne, face au vent et sur de longues lignes droites. Finalement, elle est assez représentative de cet immense continent ! Retour chez Françoise que nous retrouvons avec grand plaisir. Quelques belles maisons créoles demeurent dans le centre-ville et le marché est riche en couleurs et en fruits exotiques. Ce sont nos derniers jours en Guyane, vendredi nous serons dans l’avion, samedi à Paris. Des tempêtes sont annoncées en métropole, retrouverons-nous un climat patagonique pour notre arrivée ?



Bords du Maroni à Apatou, en fin de journée

Les étapes:
Saint Laurent – Apatou = 2h en pirogue-taxi
Apatou – Saint Laurent = 1h30 en pirogue-taxi
Saint Laurent – carbet de la montagne de fer = 63 km
Carbet de la montagne de fer – maison de la nature = 80 km
Maison de la nature – Kourou = 76 km
Kourou – Cayenne = 76 km
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Portés par les alizés de Guyane (posté par velharmonie le 25.02.2008)
Allégés d’au moins dix kilos chacun, nous quittons Cayenne et Françoise que nous retrouverons dans trois semaines. Pulls, sacs de couchage et pas mal de matériel restent ici alors que nous nous élançons vers l’ouest guyanais sous une pluie incessante. Première étape : Kourou, une ville sans charme vivant pour le centre spatial (CSG) d’où est lancée Ariane 5. Stéphanie, Boris et leurs trois enfants nous accueillent pour la nuit. Nous souhaitons visiter les installations du CSG mais nous nous y prenons trop tard pour réserver. Le temps étant vraiment dégueulasse en ce moment, nous renonçons également à nous rendre sur les tristement célèbres îles du Salut où furent emprisonnés Dreyfus, Papillon et des milliers d’autres anonymes. Nous irons sur le chemin du retour.
Nous poursuivons donc notre chemin sur une route plate, bordée de forêts ou de savanes sèches actuellement complètement inondées. On nous raconte qu’il est parfois possible de pêcher depuis la chaussée. Nous comprenons ce que trois mètres de précipitations par an représentent. Difficile de garder les sacoches au sec et la moisissure commence à s’infiltrer de toutes parts. Quelques petits villages jalonnent la route, des cases créoles sont assez bien conservées et les habitants semblent ici mener une vie paisible. Pas question de planter la tente par un temps pareil. Cette nuit nous nous installons dans un affût dans les marais de Yiyi. Mathieu, de la maison de la nature nous ouvre ses portes, nous offre un traditionnel ti-punch et nous prête un canoë pour aller nous promener dans le marais à la découverte de quelques oiseaux aquatiques. La faune est plutôt rare mais les moustiques s’en donnent à cœur joie pendant toute la nuit malgré la moustiquaire accrochée au hamac. Encore un passage obligé sur le trajet du retour.
Plus nous allons vers l’ouest, plus la population noir-marron est importante. Descendants d’esclaves évadés, ils se sont réfugiés en Guyane durant la guerre civile qui a frappé le Surinam en 1987. les bords de route prennent un air d’Afrique avec de petites cases en bois construites sur un sol sablonneux. Le soir, nous demandons l’hospitalité chez une famille Bushinengué, l’une des ethnies noir-marron. Pas facile de se faire comprendre des parents qui ne parlent visiblement pas le français. On nous indique la « crique » (le ruisseau), seule source d’eau pour se laver ou boire. Quel contraste entre ce mode de vie archaïque et les tirs d’Ariane à 150 kilomètres d’ici.
Nous passons le village de Mana et atteignons l’extrême ouest de la Guyane, Awala-Yalimapo, un petit village amérindien à l’embouchure du fleuve Maroni. Plat pays recouvert de marais et de forêt, le littoral est quant à lui une réserve naturelle qui accueille les tortues marines en période de ponte. Les cocotiers, le sable blanc, c’est un cadre digne des Caraïbes. Dommage que les alluvions de l’Amazone rendent la mer toujours aussi marron. La nuit tombée, nous assistons à un spectacle aussi émouvant que nonchalant : la ponte de tortues vertes et d’une tortue luth. Un travail de longue haleine pour creuser un trou au fond duquel déposer des œufs de la taille d’une balle de ping-pong, puis reboucher et brouiller les pistes. « Notre » tortue verte semble exténuée lorsqu’elle parvient à regagner la mer, son véritable milieu. Mesurant déjà près d’un mètre cinquante, elle paraît bien petite par rapport à l’imposante tortue luth qui pèse plusieurs centaines de kilos et possède des nageoires gigantesques qui projettent le sable avec violence dans son sillage.
La pluie a fini par se calmer et nous pédalons maintenant sous un soleil de plomb. Le long de la petite départementale, les Bushinengué cultivent la banane et quelques courges sur brûlis, qu’ils appellent ici les « abattis ». Nous gagnons Javouhey où nous sommes accueillis par Odile, professeur de SVT au collège et passionnée de vie sauvage. Ici, 90% de la population est Hmong. Ces laotiens ont demandé l’asile politique à la France suite à la guerre d’Indochine puis du Vietnam. Ils sont devenus les principaux agriculteurs de Guyane et alimentent tous les marchés du département. Ce dimanche, le marché se trouve ici même et c’est l’occasion de s’approvisionner en fruits et légumes frais.
Le soir, à Saint Laurent du Maroni, c’est Julien, professeur d’horticulture, qui nous offre sa terrasse pour y passer la nuit. Décidemment, l’hospitalité guyanaise n’est plus à démontrer.


Le marché Hmong de Javouhey

Les étapes :
Cayenne – Kourou = 72 km
Kourou – Marais de Yiyi = 74 km
Marais de Yiyi – montagne sable = 69 km
Montagne sable – Awala Yalimapo = 50 km
Awala Yalimapo – Javouhey = 52 km
Javouhey – Saint Laurent du Maroni = 33 km
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Un bout de France sous l'Equateur (posté par velharmonie le 18.02.2008)
Avant toute chose, nous tenions à remercier toutes les personnes qui nous ont envoyé des messages de soutien. Vous avez été nombreux à nous réconforter, à nous remotiver et grâce à cela nous avons très vite repris le goût de repartir et d’en profiter au maximum. Merci !
Nous quittons donc Belem soulagés, un laissez-passer en poche et avec la ferme intention de tourner la page. Le « Bom Jesus » est un petit bateau amazonien typique sur lequel nous embarquons pour rejoindre Macapa sur la rive nord du fleuve. Près de l’embouchure, les vagues sont fortes et le roulis est accentué par le balancement incessant des hamacs. Bien vite tous les passagers sont pâles et nauséeux. Fort heureusement, nous naviguons bientôt dans les canaux plus calmes qui contournent l’île de Marajo. Nous rencontrons Vincent et Fanny, un couple guyanais passionné de 4x4 avec qui nous ferons un bout de chemin jusqu’à Oiapoque puis que nous ne cesserons de croiser. C’est en partie à eux que nous devons les quelques photos que vous voyez. La nuit puis la journée sont rythmées par les haltes dans de petits bourgs dans lesquels nous chargeons de nombreux passagers. Hamacs sur trois niveaux, musique tonitruante, perroquet comme voisin de chambrée, nous sommes bien sur l’Amazone !
La nuit suivante nous accostons à Macapa. Au petit matin, nous prenons la route du centre, à 18 kilomètres du port. Un monument défraîchi indique le passage de l’Equateur. A côté, cette ligne mythique sert de ligne médiane au stade de foot municipal. Brasil, Brasil …
Macapa est une petite ville tranquille, au bord du fleuve, avec des berges où il fait bon flâner, manger une glace ou boire une eau de coco glacée directement dans la noix. Nous visitons la forteresse construite selon les plans de Vauban d’où l’on jouit d’une superbe vue sur les eaux chocolat de l’Amazone.
C’est en 4x4 que nous atteignons Oiapoque, au bord du fleuve du même nom à la frontière guyanaise. Des attaques sont régulièrement signalées dans le coin et nous préférons ne pas tenter le diable. De plus, la saison des pluies qui bat son plein actuellement rend parfois la piste impraticable. Après avoir traversé des plantations d’eucaliptus et d’immenses fazendas où nous n’apercevons même pas une vache, nous nous engageons dans une forêt plus luxuriante. La piste de latérite rouge vif sinue au cœur des collines, enserrée dans un manteau de végétation et traverse quelques communautés amérindiennes. Oiapoque ne présente guère d’intérêt et nous traversons la rivière dès le lendemain matin.
Nous voici à St Georges, en Guyane Française. Les pompiers nettoient la place à la lance à incendie, les murets sont en train d’être repeints. C’est trop d’honneur pour notre retour en France ! En fait, nous apprenons que Sarkosy est attendu le lendemain. Claudia et Marc nous invitent chaleureusement chez eux. Nous passons de longs moments à discuter sur la terrasse pendant que des pluies diluviennes se déversent autour de nous. La Guyane est française et à la fois si différente et éloignée de la métropole que nous avons du mal à cerner toutes ses subtilités. Le lendemain, Sarkozy reçoit Lula, le président brésilien, pour parler du pont qui devrait un jour relier les deux pays. Un sujet sensible quand on sait les problèmes que posent l’orpaillage illégal et l’immigration clandestine ici.
Après un mois et demi de pause, nous réenfourchons Lulu et Hector pour de bon et pédalons à travers les forêts de l’est guyanais. La circulation est faible, nous ne croisons que des voitures abandonnées et brûlées en bord de route qui témoignent des trafics en tous genres qui se trament dans la région. Nous stoppons net en découvrant sur l’accotement un ver de terre d’un mètre vingt de long. Il paraît qu’ils sortent lorsqu’il pleut beaucoup ! A Regina, notre première étape, ce sont Magali et Jean-Pierre qui nous accueillent dans leur maison-carbet à la lisière de la forêt. Ils sont artisans, travaillent le bois et nous racontent leurs histoires respectives, du temps où ils vivaient sur le fleuve, face à eux-mêmes et à une nature sauvage. Rencontre passionnante. Le village est paisible. L’activité sociale se concentre devant le « chinois », nom donné aux épiceries guyanaises, la plupart du temps tenues par des laotiens. Créoles, brésiliens et « métros » (de la métropole) se cotoient sans réellement se mélanger, autour d’une bière, commentant les dernières nouvelles.
Il est temps de reprendre la route en direction de Cayenne, la capitale. Nous apercevons quelques toucans, une biche et beaucoup de serpents écrasés. La route est sportive, nous descendons et montons raide pour franchir les « criques », ces petites rivières qui découpent la forêt de toutes parts. Nous nous délectons des cris d’oiseaux et des plantes en tous genres qui bordent la chaussée. Après une nuit à l’auberge des orpailleurs, dans les hamacs, nous filons sur Cayenne que nous atteignons trempés comme des rats après une journée de pluie quasi ininterrompue. Nous sommes arrêtés à trois reprises par des journalistes qui veulent nous interviewer avant notre départ. Sympathiques et à l’image de tous les autres guyanais rencontrés jusqu’ici, ils nous proposent également de nous héberger si besoin est. Nous filons finalement chez Françoise d’Hospitality-club avec qui nous passons d’excellents moments. Promenades sur les plages dorées bordées de cocotiers, dans la forêt vierge environnante, au marché coloré de Matoury, nous avons encore débarqué dans une maison du bonheur ! Nous ne nous attardons pas longtemps à Cayenne cependant car nous reviendrons avant de prendre l’avion. Il nous reste donc trois semaines pour découvrir cette Guyane sauvage et enchanteresse, qui nous séduit déjà et qui devrait nous réserver encore bien des surprises.


Plage de sable doré et mer chocolat à Cayenne

Les étapes (temps estimés, nous n’avons plus de compteur…) :
Belem – Macapa = 36 h de bateau sur le « Bom Jesus »
Macapa – Oiapoque = 600 km en 4x4
Oiapoque – St Georges = traversée de l’Oiapoque en pirogue
St Georges – Regina = 84 km (6h)
Regina – Auberge des orpailleurs = 48 km (4h)
Auberge des orpailleurs – Cayenne = 80 km (6h30)
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